4 février 2007

Microsoft aurait-il fait pression sur l’Education Nationale ?

Alors que tout semblait jouer contre lui, Microsoft a tout de même fini par refourguer sa toute nouvelle suite office 2007 à l’un de ses clients fétiche : l’éducation nationale.

Il est vrai que la perspective de perdre ce marché stratégique au « profit » du logiciel libre OpenOffice a pu donner quelques sueurs froides aux disciples de Bill Gates. Comme nous allons le voir, le gouvernement avait en effet tout à gagner (ou plutôt rien à perdre) à diffuser OpenOffice dans ces établissements.

En premier lieu, le prix d’Openoffice est imbattable puisque il est tout simplement inexistant ! Il s’agit en effet d’un logiciel libre (LL) ce qui veut dire qu’il est téléchargeable par tous, et ce gratuitement. Comparé aux 229€ de la version familiale de Microsoft Office, le contraste est donc immense. Toujours est-il qu'il y avait ici une opportunité unique pour l’Etat de faire l’économie de plusieurs millions. Dans un pays où le "trou de la sécu" est devenue une expression courante, on est étonné de voir un tel gaspillage.

Qu’en est-il de l’aspect qualitatif ? En effet, peut être Microsoft est-il le seul fournisseur viable concernant les logiciels de bureautiques... Pas si sûr, car il semblerait qu’OpenOffice ait déjà prouvé depuis longtemps des performances équivalentes à son homologue payant. En effet, un nombre croissant d’administrations publiques l’ont adopté, à l’instar du ministère de l’agriculture et de la pêche, de l’Assemblée Nationale. La gendarmerie dont le professionnalisme est certain s’est elle aussi convertie il y a deux ans aux logiciels libres, preuve concrète que Microsoft Office n’est plus irremplaçable.

Que nenni ! M. de Robien persiste à croire que la suite OpenOffice est inadaptée du fait entre autre de « son manque de maturité et sa pauvreté en outil d’administration ». On aurait presque eu envie de croire la franchise de ses propos, s’il n’avait pas usé du logiciel libre pour faire pression sur le montant du contrat : le fait que Microsoft ait accepté de sacrifier ses prix (40 € l’unité !) est en effet une reconnaissance implicite de la qualité d’openOffice pour les deux parties. Jamais cela ne se serait produit si ce dernier avait été estimé peu performant.

Ce « chantage » mené par l’Education Nationale n’a pas fait reculer un Microsoft visiblement prêt à tout pour s’imposer dans nos écoles, même au détriment de sa rentabilité économique. Cela se comprend : l’accoutumance des petits de maternelle et de leurs aînés écoliers et collégiens aux produits Microsoft fera très certainement d'eux de fervent et loyaux défenseurs de la marque dans le futur.

Que faut-il en conclure ? Il ne serait en fait pas impossible que la firme californienne ait usé de moyens de persuasion de nature non commerciales sur notre gouvernement pour s’accaparer un marché où elle n’avait plus sa place ; reste à savoir lesquels …

___________

Liens :

  • Pour se documenter sur les choix de la gendarmerie et d'autres administrations publiques en faveurs des logiciels libres...
  • Encore un lien vers PC impact concernant l'affaire ici
  • Un très interessant comparatif qualitatif opposant Microsoft Office et OpenOffice

1 commentaires:

Anonyme a dit…

Article intéressant mais complétement orienté. En effet, pourquoi comparé le prix public d'un produit alors qu'il est dans tous les catalogues de prix, de tous les éditeurs, que les ventes en volumes, sont beaucoup moins chers, ce qui est d'autant plus vrais pour les écoles et les administrations.
Pourquoi ne pas admettre, ou en tout cas ne pas donner la possibilité que si office 2007 a été choisi, c'est peut etre parce qu'il est meilleur qu'open office ?

 
Annuaire web Annuaire gratuit